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J'ai déjà essayé plusieurs fois d'écrire un bouquin ou même une nouvelle. Et bien je dois manquer d'inspiration, de temps (ou de volonté il a "bon dos le manque de temps) et surement de talent. La dernière fois j'ai souhaité faire mon autobiographie: je ne suis pas allé bien loin. C'est pourquoi pour j'ai pensé à créer un blog pour assouvir mon envie d'écrire, de communiquer. C'est peut-être plus à ma portée.

Allez je vais quand même publier ici mon "début de commencement" d'autobiographie vu que je suis bien parti pour ne pas aller plus loin....

J’ai envie d’écrire pour mettre les choses à plat, faire un point sur ma vie, tenter de me libérer un peu plus, peut-être….Le plus dur c’est de structurer tout ça ! Bon allez vas-y mon grand, tu vas commencer par le commencement et puis on verra après si on continu chronologiquement, si on fait des flashbacks, des projections vers l’avenir ou des retours vers le futur.

Une enfance très heureuse

Une maman aimante, ultra-protectrice, douce, géniale. Je ne pense pas qu’on puisse aimer ses enfants plus forts que la mienne. J’essaie d’être objectif. Les relations parents-enfants de ses amis, souvent on ne les connait pas vraiment. On est pas dans l’intimité des familles, on ne sait pas exactement comment ça se passe, mais très franchement je ne vois pas comment une maman peut faire plus. Mieux peut-être, mais pas plus. Ma sœur et moi étions tout pour elle, elle nous donnait tout ce qu’elle avait dans le cœur, dans la tête, dans les tripes, dans le porte-monnaie aussi. C’est vrai qu’elle était excessive, maman, elle en faisait trop car elle voulait tellement bien faire. Je me rappelle quand j’étais en maternelle et pendant les premières années de primaire. Je partais à l’école surhabillé. En hiver, c’était tee-shirt, puis deuxième tee-shirt, sous pull, pull et gros manteau. Echarpe, cagoule, gants, deux paires de chaussettes. J’avais beau lui dire que j’avais trop chaud, elle pensait que je ne me rendais pas compte. En devenant père, j’ai appris qu’il faut habiller l’enfant comme on s’habille soi-même, en termes de quantité et de chaleur des vêtements bien sûr, mais ma maman ne le savait pas à l’époque, malgré les nombreux livres qu’elle avait lus sur les enfants. Il faut croire que ce sujet n’avait pas été évoqué. Quand j’étais à la maternelle, il y a avait une pataugeoire dans la cour, une pataugeoire que je qualifierai d’« à l’ancienne », avec un sol fait de cailloux cimentés qui dépassaient de moitié, avec les feuilles d’automne du gros chêne qui la surplombait flottant à la surface. Personne ne mettait de chlore ou autre produit antiseptique. Je dois le reconnaître, maman avait raison sur le manque de propreté de cette fameuse pataugeoire. Et les cailloux, il faut dire que ce n’était pas ce qu’il y avait de plus agréable. Mais en plus d’insister sur le manque d’hygiène, surtout qu’il n’y avait pas de douche, bien évidemment, maman me répétait souvent qu’on pouvait se noyer même dans une flaque d’eau, que c’était dangereux, que les maîtresses ne nous surveillaient pas beaucoup, que je risquais de prendre froid. Bref, j’avais pour instruction de juste m’asseoir sur le bord pour tremper les pieds. Les maîtresses ne comprenaient pas et elles me poussaient, surtout l’une d’elle, à aller me baigner comme les autres. Parce qu’autant que je m’en souvienne, j’étais le seul à ne pas me baigner. Devant l’insistance de plus en plus pressante de la maîtresse tenace (qui n’était d’ailleurs pas la mienne), j’avais fini par vivre ce moment comme un calvaire. J’avais fini par m’en plaindre à maman. Dès le lendemain, elle était allée dire sa façon de penser et j’ai pu rester tranquille pendant mes trois années de maternelle. Tranquille mais un peu seul sur ma serviette quand même….

Pendant toute ma scolarité, elle a été derrière moi. Au CP, mon grand-père paternel venait me chercher à la sortie de 16h30. Ma grand-mère me préparait un goûter et puis j’allais jouer, souvent dans le sable quand mon grand-père récupérait au barrage de La Balme où il a travaillé toute sa vie. Mes grands-parents ne se préoccupaient pas de mes devoirs, ils me laissaient m’amuser jusqu’à ce que maman vienne me récupérer après son travail (80 kms aller-retour en 2 CV) plus les courses à faire une fois par semaine, voire les crochets ponctuels par la pharmacie, la boulangerie ou autre. Quand elle s’est aperçue, au bout de quelques jours que mes devoirs étaient baclés ou pas faits, elle a pris les choses en main façon bulldog. La première fois, je veux dire le soir où elle s’est rendu compte du problème, elle était vraiment furieuse ! Pendant quelques semaines, elle reprenait systématiquement les devoirs avec moi, le soir après manger. Elle me faisait faire non seulement le ou les exercices qui m’étaient demandés mais aussi tous les exercices de la page, afin d’être certaine que j’ai bien tout compris me disait-elle. Aussi pour me faire comprendre à n’en pas douter que j’avais plutôt intérêt à faire mes devoirs sérieusement avant qu’elle ne rentre. Certains soirs ont été difficiles mais les exigences de maman ont porté leurs fruits. Elle n’a plus jamais eu besoin de s’inquiéter d’une quelconque négligence de ma part. A partir de là, j’ai toujours fait mes devoirs avec application et bien appris mes leçons, du moins pendant toute l’enfance.

Ma maman est morte d’une saloperie de cancer de la moelle osseuse, une merde appelée myélome. Je ne sais pas si je pourrais faire le deuil un jour…

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